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Crampon 1923Vulgate clémentine 1598Douay-Rheims 1899
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Sagesse 8

Crampon 1923

À propos de cette édition

1La sagesse atteint avec force d’un bout du monde à l’autre, et dispose tout avec douceur.

2Je l’aimai et la recherchai dès ma jeunesse ; je cherchai à l’avoir pour épouse, et j’étais épris de sa beauté.

3Elle fait voir la gloire de son origine en ce qu’elle habite avec Dieu, et le maître de toutes choses l’aime.

4Car c’est elle qui initie à la science de Dieu, et qui choisit parmi ses œuvres.

5Si la richesse est un bien désirable en cette vie, quoi de plus riche que la sagesse, qui opère toutes choses ?

6Si la prudence préside au travail, qui mieux que la sagesse est l’ouvrière de tout ce qui existe ?

7Aime-t-on la justice ? Les labeurs de la sagesse produisent les vertus ; elle enseigne la tempérance et la prudence, la justice et la force, ce qu’il y a de plus utile aux hommes pendant la vie.

8Désire-t-on une science étendue ? Elle connaît le passé et conjecture l’avenir ; elle pénètre les discours subtils et résout les énigmes ; elle connaît à l’avance les signes et les prodiges ; elle sait les événements des temps et des époques.

9Aussi ai-je résolu de la prendre pour compagne de ma vie, sachant qu’elle serait pour moi une conseillère de tout bien, et une consolation dans mes soucis et mes peines.

10Par elle, me disais-je, j’aurai de la gloire dans les assemblées, et, jeune encore, de l’honneur auprès des vieillards.

11On reconnaîtra ma pénétration dans les jugements, et devant moi les grands seront dans l’admiration.

12Si je me tais, ils attendront que je prenne la parole ; si je parle, ils tiendront les yeux fixés sur moi, et si je prolonge mon discours, ils mettront la main sur leur bouche.

13Par elle, j’obtiendrai l’immortalité, et je laisserai à la postérité un souvenir éternel.

14Je gouvernerai des peuples, et les nations étrangères me seront soumises.

15En entendant parler de moi, des rois redoutables me craindront ; je me montrerai bon au milieu du peuple, et vaillant à la guerre.

16À mon retour dans ma maison, je me reposerai auprès d’elle ; car sa société ne cause aucune amertume, ni son commerce aucun ennui, mais le contentement et la joie.

17Méditant ces pensées en moi-même, et réfléchissant en mon cœur que l’immortalité est le fruit de l’union avec la sagesse,

18qu’il y a dans son amitié une noble jouissance, et dans les œuvres de ses mains des richesses inépuisables, qu’on acquiert la prudence dans un commerce assidu avec elle, et la gloire à prendre part à sa conversation : j’allai de tous côtés, cherchant le moyen de l’avoir avec moi.

19J’étais un enfant d’un bon naturel, et j’avais reçu en partage une bonne âme ;

20ou plutôt, étant bon, je vins à un corps sans souillure.

21Mais, sachant que je ne pourrais obtenir la sagesse si Dieu ne me la donnait, — et c’était déjà de la prudence que de savoir de qui vient ce don, — je m’adressai au Seigneur, et je l’invoquai, et je lui dis du fond de mon cœur :

Vulgate clémentine 1598

À propos de cette édition

1[Attingit ergo a fine usque ad finem fortiter, et disponit omnia suaviter.]

2[Hanc amavi, et exquisivi a juventute mea, et quæsivi sponsam mihi eam assumere, et amator factus sum formæ illius.

3Generositatem illius glorificat, contubernium habens Dei; sed et omnium Dominus dilexit illam.

4Doctrix enim est disciplinæ Dei, et electrix operum illius.

5Et si divitiæ appetuntur in vita, quid sapientia locupletius quæ operatur omnia?

6Si autem sensus operatur, quis horum quæ sunt magis quam illa est artifex?

7Et si justitiam quis diligit, labores hujus magnas habent virtutes: sobrietatem enim et prudentiam docet, et justitiam, et virtutem, quibus utilius nihil est in vita hominibus.

8Et si multitudinem scientiæ desiderat quis, scit præterita, et de futuris æstimat; scit versutias sermonum, et dissolutiones argumentorum; signa et monstra scit antequam fiant, et eventus temporum et sæculorum.

9Proposui ergo hanc adducere mihi ad convivendum, sciens quoniam mecum communicabit de bonis, et erit allocutio cogitationis et tædii mei.

10Habebo propter hanc claritatem ad turbas, et honorem apud seniores juvenis;

11et acutus inveniar in judicio, et in conspectu potentium admirabilis ero, et facies principum mirabuntur me:

12tacentem me sustinebunt, et loquentem me respicient, et sermocinante me plura, manus ori suo imponent.

13Præterea habebo per hanc immortalitatem, et memoriam æternam his qui post me futuri sunt relinquam.

14Disponam populos, et nationes mihi erunt subditæ:

15timebunt me audientes reges horrendi. In multitudine videbor bonus, et in bello fortis.

16Intrans in domum meam, conquiescam cum illa: non enim habet amaritudinem conversatio illius, nec tædium convictus illius, sed lætitiam et gaudium.

17Hæc cogitans apud me et commemorans in corde meo, quoniam immortalitas est in cognatione sapientiæ,

18et in amicitia illius delectatio bona, et in operibus manuum illius honestas sine defectione, et in certamine loquelæ illius sapientia, et præclaritas in communicatione sermonum ipsius: circuibam quærens, ut mihi illam assumerem.

19Puer autem eram ingeniosus, et sortitus sum animam bonam.

20Et cum essem magis bonus, veni ad corpus incoinquinatum.

21Et ut scivi quoniam aliter non possem esse continens, nisi Deus det; et hoc ipsum erat sapientiæ, scire cujus esset hoc donum: adii Dominum, et deprecatus sum illum, et dixi ex totis præcordiis meis:]

Douay-Rheims 1899

À propos de cette édition

1She reacheth therefore from end to end mightily, and ordereth all things sweetly.

2Her have I loved, and have sought her out from my youth, and have desired to take her for my spouse, and I became a lover of her beauty.

3She glorifieth her nobility by being conversant with God: yea and the Lord of all things hath loved her.

4For it is she that teacheth the knowledge of God, and is the chooser of his works.

5And if riches be desired in life, what is richer than wisdom, which maketh all things?

6And if sense do work: who is a more artful worker than she of those things that are?

7And if a man love justice: her labours have great virtues; for she teacheth temperance, and prudence, and justice, and fortitude, which are such things as men can have nothing more profitable in life.

8And if a man desire much knowledge: she knoweth things past, and judgeth of things to come: she knoweth the subtilties of speeches, and the solutions of arguments: she knoweth signs and wonders before they be done, and the events of times and ages.

9I purposed therefore to take her to me to live with me: knowing that she will communicate to me of her good things, and will be a comfort in my cares and grief.

10For her sake I shall have glory among the multitude, and honour with the ancients, though I be young:

11And I shall be found of a quick conceit in judgment, and shall be admired in the sight of the mighty, and the faces of princes shall wonder at me.

12They shall wait for me when I hold my peace, and they shall look upon me when I speak, and if I talk much they shall lay their hands on their mouths.

13Moreover by the means of her I shall have immortality: and shall leave behind me an everlasting memory to them that come after me.

14I shall set the people in order: and nations shall be subject to me.

15Terrible kings hearing shall be afraid of me: among the multitude I shall be found good, and valiant in war.

16When I go into my house, I shall repose myself with her: for her conversation hath no bitterness, nor her company any tediousness, but joy and gladness.

17Thinking these things with myself, and pondering them in my heart, that to be allied to wisdom is immortality,

18And that there is great delight in her friendship, and inexhaustible riches in the works of her hands, and in the exercise of conference with her, wisdom, and glory in the communication of her words: I went about seeking, that I might take her to myself.

19And I was a witty child and had received a good soul.

20And whereas I was more good, I came to a body undefiled.

21And as I knew that I could not otherwise be continent, except God gave it, and this also was a point of wisdom, to know whose gift it was: I went to the Lord, and besought him, and said with my whole heart: