Lecture en parallèle
Job 7
Crampon 1923
À propos de cette édition1La vie de l’homme sur la terre est un temps de service, et ses jours sont comme ceux du mercenaire.
2Comme l’esclave soupire après l’ombre, comme l’ouvrier attend son salaire,
3ainsi j’ai eu en partage des mois de douleur, pour mon lot, des nuits de souffrance.
4Si je me couche, je dis : « Quand me lèverai-je ? Quand finira la nuit ? » et je suis rassasié d’angoisses jusqu’au jour.
5Ma chair se couvre de vers et d’une croûte terreuse, ma peau se gerce et coule.
6Mes jours passent plus rapides que la navette, ils s’évanouissent : plus d’espérance !
7Ô Dieu, souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle ! Mes yeux ne reverront pas le bonheur.
8L’œil qui me regarde ne m’apercevra plus ; ton œil me cherchera, et je ne serai plus.
9Le nuage se dissipe et passe ; ainsi celui qui descend au schéol ne remontera plus ;
10il ne retournera plus dans sa maison ; le lieu qu’il habitait ne le reconnaîtra plus.
11C’est pourquoi je ne retiendrai pas ma langue, je parlerai dans l’angoisse de mon esprit, j’exhalerai mes plaintes dans l’amertume de mon âme.
12Suis-je la mer ou un monstre marin, pour que tu poses une barrière autour de moi ?
13Quand je dis : « Mon lit me soulagera, ma couche calmera mes soupirs, »
14alors tu m’effraies par des songes, tu m’épouvantes par des visions.
15Ah ! Mon âme préfère la mort violente, mes os appellent le trépas.
16Je suis en proie à la dissolution, la vie m’échappe pour jamais ; laisse-moi, car mes jours ne sont qu’un souffle.
17Qu’est-ce que l’homme, pour que tu en fasses tant d’estime, que tu daignes t’occuper de lui,
18que tu le visites chaque matin, et qu’à chaque instant tu l’éprouves ?
19Quand cesseras-tu d’avoir le regard sur moi ? Quand me laisseras-tu le temps d’avaler ma salive ?
20Si j’ai péché, que puis-je te faire, ô Gardien des hommes ? Pourquoi me mettre en butte à tes traits, et me rendre à charge à moi-même ?
21Que ne pardonnes-tu mon offense ? Que n’oublies-tu mon iniquité ? Car bientôt je dormirai dans la poussière ; tu me chercheras, et je ne serai plus.
Vulgate clémentine 1598
À propos de cette édition1[Militia est vita hominis super terram, et sicut dies mercenarii dies ejus.
2Sicut servus desiderat umbram, et sicut mercenarius præstolatur finem operis sui,
3sic et ego habui menses vacuos, et noctes laboriosas enumeravi mihi.
4Si dormiero, dicam: Quando consurgam? et rursum expectabo vesperam, et replebor doloribus usque ad tenebras.
5Induta est caro mea putredine, et sordibus pulveris cutis mea aruit et contracta est.
6Dies mei velocius transierunt quam a texente tela succiditur, et consumpti sunt absque ulla spe.
7Memento quia ventus est vita mea, et non revertetur oculus meus ut videat bona.
8Nec aspiciet me visus hominis; oculi tui in me, et non subsistam.
9Sicut consumitur nubes, et pertransit, sic qui descenderit ad inferos, non ascendet.
10Nec revertetur ultra in domum suam, neque cognoscet eum amplius locus ejus.
11Quapropter et ego non parcam ori meo: loquar in tribulatione spiritus mei; confabulabor cum amaritudine animæ meæ.
12Numquid mare ego sum, aut cetus, quia circumdedisti me carcere?
13Si dixero: Consolabitur me lectulus meus, et relevabor loquens mecum in strato meo:
14terrebis me per somnia, et per visiones horrore concuties.
15Quam ob rem elegit suspendium anima mea, et mortem ossa mea.
16Desperavi: nequaquam ultra jam vivam: parce mihi, nihil enim sunt dies mei.
17Quid est homo, quia magnificas eum? aut quid apponis erga eum cor tuum?
18Visitas eum diluculo, et subito probas illum.
19Usquequo non parcis mihi, nec dimittis me ut glutiam salivam meam?
20Peccavi; quid faciam tibi, o custos hominum? quare posuisti me contrarium tibi, et factus sum mihimetipsi gravis?
21Cur non tollis peccatum meum, et quare non aufers iniquitatem meam? ecce nunc in pulvere dormiam, et si mane me quæsieris, non subsistam.]
Douay-Rheims 1899
À propos de cette édition1The life of man upon earth is a warfare, and his days are like the days of a hireling.
2As a servant longeth for the shade, as the hireling looketh for the end of his work;
3So I also have had empty months, and have numbered to myself wearisome nights.
4If I lie down to sleep, I shall say: When shall arise? and again I shall look for the evening, and shall be filled with sorrows even till darkness.
5My flesh is clothed with rottenness and the filth of dust, my skin is withered and drawn together.
6My days have passed more swiftly than the web is cut by the weaver, and are consumed without any hope.
7Remember that my life is but wind, and my eyes shall not return to see good things.
8Nor shall the sight of man behold me: thy eyes are upon me, and I shall be no more.
9As a cloud is consumed, and passeth away: so he that shall go down to hell shall not come up.
10Nor shall he return my more into his house, neither shall his place know him any more.
11Wherefore I will not spare my month, I will speak in the affliction of my spirit: I will talk with the bitterness of my soul.
12Am I a sea, or a whale, that thou hast enclosed me in a prison?
13If I say: My bed shall comfort me, and I shall be relieved speaking with myself on my couch:
14Thou wilt frighten me with dreams and terrify me with visions.
15So that my soul rather chooseth hanging, and my bones death.
16I have done with hope, I shall now live no longer: spare me, for my days are nothing.
17What is a man that thou shouldst magnify him? or why dost thou set thy heart upon him?
18Thou visitest him early in the morning, and thou provest him suddenly.
19How long wilt thou not spare me, nor suffer me to swallow down my spittle?
20I have sinned: what shall I do to thee, O keeper of men? why hast thou set me opposite to thee, and I am become burdensome to myself?
21Why dost thou not remove my sin, and why dost thou not take away my iniquity? Behold now I shall sleep in the dust: and if thou seek me in the morning, I shall not be.