Lecture en parallèle
Job 10
Crampon 1923
À propos de cette édition1Mon âme est lasse de la vie ; je donnerai libre cours à ma plainte, je parlerai dans l’amertume de mon cœur.
2Je dis à Dieu : Ne me condamne point ; apprends-moi sur quoi tu me prends à partie.
3Trouves-tu du plaisir à opprimer, à repousser l’œuvre de tes mains, à faire luire ta faveur sur le conseil des méchants ?
4As-tu des yeux de chair, ou bien vois-tu comme voient les hommes ?
5Tes jours sont-ils comme les jours de l’homme, ou bien tes années comme les années d’un mortel,
6pour que tu recherches mon iniquité, pour que tu poursuives mon péché,
7quand tu sais que je ne suis pas coupable, et que nul ne peut me délivrer de ta main ?
8Tes mains m’ont formé et façonné, tout entier, et tu voudrais me détruire !
9Souviens-toi que tu m’as pétri comme l’argile : et tu me ramènerais à la poussière !
10Ne m’as-tu pas coulé comme le lait, et coagulé comme le fromage ?
11Tu m’as revêtu de peau et de chair, tu m’as tissé d’os et de nerfs.
12Avec la vie, tu m’as accordé ta faveur, et ta providence a gardé mon âme.
13Et pourtant, voilà ce que tu cachais dans ton cœur : Je vois bien ce que tu méditais.
14Si je pèche, tu m’observes, tu ne me pardonnes pas mon iniquité.
15Suis-je coupable, malheur à moi ! Suis-je innocent, je n’ose lever la tête, rassasié de honte, et voyant ma misère.
16Si je me relève, tu me poursuis comme un lion, tu recommences à me tourmenter étrangement,
17tu m’opposes de nouveaux témoins ; tu redoubles de fureur contre moi, des troupes de rechange viennent m’assaillir.
18Pourquoi m’as-tu tiré du sein de ma mère ? Je serais mort, et aucun œil ne m’aurait vu.
19Je serais comme si je n’eusse jamais été, du sein maternel j’aurais été porté au sépulcre.
20Mes jours ne sont-ils pas bien courts ? Qu’il me laisse ! Qu’il se retire et que je respire un instant,
21avant que je m’en aille, pour ne plus revenir, dans la région des ténèbres et de l’ombre de la mort,
22morne et sombre région, où règnent l’ombre de la mort et le chaos, où la clarté est pareille aux ténèbres.
Vulgate clémentine 1598
À propos de cette édition1[Tædet animam meam vitæ meæ; dimittam adversum me eloquium meum: loquar in amaritudine animæ meæ.
2Dicam Deo: Noli me condemnare; indica mihi cur me ita judices.
3Numquid bonum tibi videtur, si calumnieris me, et opprimas me opus manuum tuarum, et consilium impiorum adjuves?
4Numquid oculi carnei tibi sunt? aut sicut videt homo, et tu videbis?
5Numquid sicut dies hominis dies tui, et anni tui sicut humana sunt tempora,
6ut quæras iniquitatem meam, et peccatum meum scruteris,
7et scias quia nihil impium fecerim, cum sit nemo qui de manu tua possit eruere?
8Manus tuæ fecerunt me, et plasmaverunt me totum in circuitu: et sic repente præcipitas me?
9Memento, quæso, quod sicut lutum feceris me, et in pulverem reduces me.
10Nonne sicut lac mulsisti me, et sicut caseum me coagulasti?
11Pelle et carnibus vestisti me; ossibus et nervis compegisti me.
12Vitam et misericordiam tribuisti mihi, et visitatio tua custodivit spiritum meum.
13Licet hæc celes in corde tuo, tamen scio quia universorum memineris.
14Si peccavi, et ad horam pepercisti mihi, cur ab iniquitate mea mundum me esse non pateris?
15Et si impius fuero, væ mihi est; et si justus, non levabo caput, saturatus afflictione et miseria.
16Et propter superbiam quasi leænam capies me, reversusque mirabiliter me crucias.
17Instauras testes tuos contra me, et multiplicas iram tuam adversum me, et pœnæ militant in me.
18Quare de vulva eduxisti me? qui utinam consumptus essem, ne oculus me videret.
19Fuissem quasi non essem, de utero translatus ad tumulum.
20Numquid non paucitas dierum meorum finietur brevi? dimitte ergo me, ut plangam paululum dolorem meum,
21antequam vadam, et non revertar, ad terram tenebrosam, et opertam mortis caligine:
22terram miseriæ et tenebrarum, ubi umbra mortis et nullus ordo, sed sempiternus horror inhabitat.]
Douay-Rheims 1899
À propos de cette édition1My soul is weary of my life, I will let go my speech against myself, I will speak in the bitterness of my soul.
2I will say to God: Do not condemn me: tell me why thou judgest me so.
3Doth it seem good to thee that thou shouldst calumniate me, and oppress me, the work of thy own hands, and help the counsel of the wicked?
4Hast thou eyes of flesh: or, shalt thou see as man seeth?
5Are thy days as the days of man, and are thy years as the times of men:
6That thou shouldst inquire after my iniquity, and search after my sin?
7And shouldst know that I have done no wicked thing, whereas there is no man that can deliver out of thy hand.
8Thy hands have made me, and fashioned me wholly round about, and dost thou thus cast me down headlong on a sudden?
9Remember, I beseech thee, that thou hast made me as the clay, and thou wilt bring me into dust again.
10Hast thou not milked me as milk, and curdled me like cheese?
11Thou hast clothed me with skin and flesh: thou hast put me together with bones and sinews:
12Thou hast granted me life and mercy, and thy visitation hath preserved my spirit.
13Although thou conceal these things in thy heart, yet I know that thou rememberest all things.
14If I have sinned and thou hast spared me for an hour: why dost thou not suffer me to be clean from my iniquity?
15And if I be wicked, woe unto me: and if just, I shall not lift up my head, being filled with affliction and misery.
16And for pride thou wilt take me as a lioness, and returning thou tormentest me wonderfully.
17Thou renewest thy witnesses against me, and multipliest thy wrath upon me, and pains war against me.
18Why didst thou bring me forth out of the womb: O that I had been consumed that eye might not see me!
19I should have been as if I had not been, carried from the womb to the grave.
20Shall not the fewness of my days be ended shortly? suffer me, therefore, that I may lament my sorrow a little:
21Before I go, and return no more, to a land that is dark and covered with the mist of death:
22A land of misery and darkness, where the shadow of death, and no order, but everlasting horror dwelleth.