Lecture en parallèle
Esther 8
Crampon 1923
À propos de cette édition1Ce même jour, le roi Assuérus donna à la reine Esther la maison d’Aman, l’ennemi des Juifs, et Mardochée se présenta devant le roi, car Esther avait fait connaître ce qu’il était pour elle.
2Le roi ôta son anneau, qu’il avait repris à Aman, et le donna à Mardochée ; et Esther établit Mardochée sur la maison d’Aman.
3Ensuite Esther parla de nouveau en présence du roi ; se jetant à ses pieds, elle le supplia avec larmes d’écarter les effets de la méchanceté d’Aman, du pays d’Agag, et des projets qu’il avait formés contre les Juifs.
4Le roi tendit le sceptre d’or à Esther, qui se releva et se tint debout devant le roi.
5« Si le roi le trouve bon, dit-elle, et si j’ai trouvé grâce devant lui, si la chose paraît convenable au roi et si je suis agréable à ses yeux, qu’on écrive pour révoquer les lettres conçues par Aman, fils d’Amadatha, du pays d’Agag, et écrites par lui dans le but de faire périr les Juifs qui sont dans toutes les provinces du roi.
6Car comment pourrais-je voir le malheur qui atteindrait mon peuple, et comment pourrais-je voir l’extermination de ma race ? »
7Le roi Assuérus dit à la reine Esther et au Juif Mardochée : « Voici que j’ai donné à Esther la maison d’Aman, et il a été pendu au bois pour avoir étendu la main contre les Juifs.
8Vous, écrivez en faveur des Juifs comme il vous plaira, au nom du roi, et scellez avec l’anneau du roi ; car une lettre écrite au nom du roi et scellée avec l’anneau royal ne peut être révoquée. »
9Les secrétaires du roi furent alors appelés, le vingt-troisième jour du troisième mois, qui est le mois de Sivan, et l’on écrivit, conformément à tout ce qu’ordonna Mardochée, aux Juifs, aux satrapes, aux gouverneurs et aux chefs des provinces, des cent vingt-sept provinces situées de l’Inde à l’Éthiopie, à chaque province selon son écriture, à chaque peuple selon sa langue, et aux Juifs selon leur écriture et selon leur langue.
10On écrivit au nom du roi Assuérus, et l’on scella avec l’anneau royal. On expédia les lettres par l’intermédiaire de courriers à cheval, montés sur des coursiers de l’État, provenant des haras du roi.
11Par ces lettres, le roi permettait aux Juifs, en quelque ville qu’ils fussent, de se rassembler et de défendre leur vie, de détruire, de tuer et de faire périr, avec leurs petits enfants et leurs femmes, les troupes de chaque peuple et de chaque province qui les attaqueraient, et de livrer leurs biens au pillage,
12et cela en un seul jour, dans toutes les provinces du roi Assuérus, le treizième jour du douzième mois, qui est le mois d’Adar.
13Une copie de l’édit, qui devait être publié comme loi dans chaque province, fut adressée ouverte à tous les peuples, afin que les Juifs fussent prêts ce jour-là à se venger de leurs ennemis.
14Aussitôt les courriers, montés sur des coursiers de l’État, partirent en toute hâte, d’après l’ordre du roi. L’édit fut aussi publié dans Suse, la capitale.
15Mardochée sortit de chez le roi avec un vêtement royal bleu et blanc, une grande couronne d’or, et un manteau de byssus et de pourpre ; et la ville de Suse témoignait sa joie par des cris d’allégresse.
16Il n’y avait pour les Juifs que bonheur et joie, jubilation et gloire.
17Dans chaque province et dans chaque ville, partout où arrivaient l’ordre du roi et son édit, il y eut pour les Juifs de la joie et de l’allégresse, des festins et des fêtes. Et beaucoup de gens d’entre les peuples du pays se firent Juifs, car la crainte des Juifs les avait saisis.
Vulgate clémentine 1598
À propos de cette édition1Die illo dedit rex Assuerus Esther reginæ domum Aman adversarii Judæorum, et Mardochæus ingressus est ante faciem regis. Confessa est enim ei Esther quod esset patruus suus.
2Tulitque rex annulum, quem ab Aman recipi jusserat, et tradidit Mardochæo. Esther autem constituit Mardochæum super domum suam.
3Nec his contenta, procidit ad pedes regis, flevitque, et locuta ad eum oravit ut malitiam Aman Agagitæ, et machinationes ejus pessimas quas excogitaverat contra Judæos, juberet irritas fieri.
4At ille ex more sceptrum aureum protendit manu, quo signum clementiæ monstrabatur: illaque consurgens stetit ante eum,
5et ait: Si placet regi, et si inveni gratiam in oculis ejus, et deprecatio mea non ei videtur esse contraria, obsecro ut novis epistolis, veteres Aman litteræ, insidiatoris et hostis Judæorum, quibus eos in cunctis regis provinciis perire præceperat, corrigantur.
6Quomodo enim potero sustinere necem et interfectionem populi mei?
7Responditque rex Assuerus Esther reginæ, et Mardochæo Judæo: Domum Aman concessi Esther, et ipsum jussi affigi cruci, quia ausus est manum mittere in Judæos.
8Scribite ergo Judæis, sicut vobis placet, regis nomine, signantes litteras annulo meo. Hæc enim consuetudo erat, ut epistolis, quæ ex regis nomine mittebantur et illius annulo signatæ erant, nemo auderet contradicere.
9Accitisque scribis et librariis regis (erat autem tempus tertii mensis, qui appellatur Siban) vigesima et tertia die illius scriptæ sunt epistolæ, ut Mardochæus voluerat, ad Judæos, et ad principes, procuratoresque et judices, qui centum viginti septem provinciis ab India usque ad Æthiopiam præsidebant: provinciæ atque provinciæ, populo et populo juxta linguas et litteras suas, et Judæis, prout legere poterant et audire.
10Ipsæque epistolæ, quæ regis nomine mittebantur, annulo ipsius obsignatæ sunt, et missæ per veredarios: qui per omnes provincias discurrentes, veteres litteras novis nuntiis prævenirent.
11Quibus imperavit rex, ut convenirent Judæos per singulas civitates, et in unum præciperent congregari ut starent pro animabus suis, et omnes inimicos suos cum conjugibus ac liberis et universis domibus, interficerent atque delerent, et spolia eorum diriperent.
12Et constituta est per omnes provincias una ultionis dies, id est tertiadecima mensis duodecimi Adar.
13Summaque epistolæ hæc fuit, ut in omnibus terris ac populis qui regis Assueri subjacebant imperio, notum fieret paratos esse Judæos ad capiendam vindictam de hostibus suis.
14Egressique sunt veredarii celeres nuntia perferentes, et edictum regis pependit in Susan.
15Mardochæus autem de palatio et de conspectu regis egrediens, fulgebat vestibus regiis, hyacinthinis videlicet et æriis, coronam auream portans in capite, et amictus serico pallio atque purpureo. Omnisque civitas exultavit atque lætata est.
16Judæis autem nova lux oriri visa est, gaudium, honor, et tripudium.
17Apud omnes populos, urbes, atque provincias, quocumque regis jussa veniebant, mira exultatio, epulæ atque convivia, et festus dies: in tantum ut plures alterius gentis et sectæ eorum religioni et cæremoniis jungerentur. Grandis enim cunctos judaici nominis terror invaserat.
Douay-Rheims 1899
À propos de cette édition1On that day king Assuerus gave the house of Aman, the Jews’ enemy, to queen Esther, and Mardochai came in before the king. For Esther had confessed to him that he was her uncle.
2And the king took the ring which he had commanded to be taken again from Aman, and gave it to Mardochai. And Esther set Mardochai over her house.
3And not content with these things, she fell down at the king’s feet and wept, and speaking to him besought him, that he would give orders that the malice of Aman the Agagite, and his most wicked devices which he had invented against the Jews, should be of no effect.
4But he, as the manner was, held out the golden sceptre with his hand, which was the sign of clemency: and she arose up and stood before him,
5And said: If it please the king, and if I have found favour in his sight, and my request be not disagreeable to him, I beseech thee, that the former letters of Aman the traitor and enemy of the Jews, by which he commanded that they should be destroyed in all the king’s provinces, may be reversed by new letters.
6For how call I endure the murdering and slaughter of my people?
7And king Assuerus answered Esther the queen, and Mardochai the Jew: I have given Aman’s house to Esther, and I have commanded him to be hanged on a gibbet, because he durst lay hands on the Jews.
8Write ye therefore to the Jews, as it pleaseth you, in the king’s name, and seal the letters with my ring. For this was the custom, that no man durst gainsay the letters which were sent in the king’s name, and were sealed with his ring.
9Then the king’s scribes and secretaries were called for (now it was the time of the third month which is called Siban) the three and twentieth day of the month, and letters were written, as Mardochai had a mind, to the Jews, and to the governors, and to the deputies, and to the judges, who were rulers over the hundred and twenty-seven provinces, from India even to Ethiopia: to province and province, to people and people, according to their languages and characters, and to the Jews, according as they could read and hear.
10And these letters which were sent in the king’s name, were sealed with his ring, and sent by posts: who were to run through all the provinces, to prevent the former letters with new messages.
11And the king gave orders to them, to speak to the Jews in every city, and to command them to gather themselves together, and to stand for their lives, and to kill and destroy all their enemies with their wives and children and all their houses, and to take their spoil.
12And one day of revenge was appointed through all the provinces, to wit, the thirteenth of the twelfth month Adar.
13And this was the content of the letter, that it should be notified in all lands and peoples that were subject to the empire of king Assuerus, that the Jews were ready to be revenged of their enemies.
14So the swift posts went out carrying the messages, and the king’s edict was hung up in Susan.
15And Mardochai going forth out of the palace, and from the king’s presence, shone in royal apparel, to wit, of violet and sky colour, wearing a golden crown on his head, and clothed with a cloak of silk and purple. And all the city rejoiced and was glad.
16But to the Jews a new light seemed to rise, joy, honour, and dancing.
17And in all peoples, cities, and provinces, whithersoever the king’s commandments came, there was wonderful rejoicing, feasts and banquets, and keeping holy day: insomuch that many of other nations and religion, joined themselves to their worship and ceremonies. For a great dread of the name of the Jews had fallen upon all.