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Crampon 1923Vulgate clémentine 1598Douay-Rheims 1899
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Esther 16

Crampon 1923

À propos de cette édition

1Ce qui suit est la copie de cette lettre : « Assuérus, le grand roi, aux satrapes et aux chefs des cent vingt-sept provinces, de l’Inde à l’Éthiopie, et à ceux qui ont à cœur nos intérêts, salut !

2« Plusieurs, après avoir été comblés de distinctions par la grande bonté des princes leurs bienfaiteurs, deviennent arrogants.

3Non seulement ils prennent à tâche d’opprimer nos sujets, mais, incapables de porter le poids des honneurs, ils ourdissent des trames contre leurs bienfaiteurs.

4Ce n’est pas assez pour eux de bannir la reconnaissance du milieu des hommes ; enflés par le fastueux éclat d’une fortune inaccoutumée, ils vont jusqu’à se persuader qu’ils pourront échapper à la justice vengeresse de Dieu, qui toujours voit toutes choses.

5Maintes et maintes fois, le langage artificieux des hommes que l’amitié des princes avait chargés d’administrer les affaires, a engagé dans d’irrémédiables maux ceux qui étaient à la tête des empires, en les rendant complices de l’effusion du sang innocent ;

6les fallacieux mensonges de la malice trompant ainsi la bienveillante simplicité des gouvernants.

7Et ce n’est pas seulement dans les anciennes histoires — comme nous venons de le rappeler, — que vous pourrez voir des actes impies dus à l’influence pestilentielle de ceux qui exercent indignement le pouvoir ; vous le pourrez mieux encore en examinant ce qui se passe auprès de vous.

8Il nous faut donc pourvoir à l’avenir, afin d’assurer, en faveur de tous les hommes, la tranquillité et la paix du royaume,

9opérant les changements nécessaires et jugeant avec prudence les choses qui se présentent à nous, afin d’y faire face avec une constante équité.

10« Vous savez, en effet, comment Aman, fils d’Amadatha, un Macédonien, vraiment étranger à la race des Perses et fort éloigné de notre mansuétude, ayant été recueilli par notre hospitalité,

11éprouva les effets de la bienveillance que nous portons à tous les peuples, jusqu’à être appelé notre père et à voir tout le monde se prosterner devant lui, comme possédant la dignité la plus proche du trône royal.

12Mais incapable de porter dignement une si haute fortune, il s’étudia à nous priver de la royauté et de la vie.

13Par toutes sortes d’artifices et de mensonges, il s’efforça de perdre et Mardochée, qui nous a sauvé et toujours utilement servi, et Esther, la compagne irréprochable de notre royauté, avec leur peuple tout entier.

14De cette manière il espérait nous surprendre dans l’isolement et livrer l’empire des Perses aux Macédoniens.

15Mais ces Juifs, voués à la mort par le plus scélérat des hommes, nous avons reconnu qu’ils n’étaient coupables d’aucune faute, mais qu’ils obéissent à des lois très justes,

16et qu’ils sont les enfants du Dieu très haut, très grand et éternellement vivant, lequel, pour nous comme pour nos ancêtres, conserve ce royaume dans l’état le plus florissant.

17« C’est pourquoi, vous ferez bien de ne pas tenir compte des lettres envoyées par Aman, fils d’Amadatha,

18attendu que l’auteur de ces crimes a été pendu au bois, avec toute sa maison, devant les portes de Suse ; Dieu, Maître souverain de toutes choses, lui ayant infligé sans retard le châtiment mérité.

19Affichant la copie de la présente lettre publiquement en tout lieu, permettez aux Juifs de suivre leurs lois en toute liberté,

20et prêtez-leur assistance, afin qu’ils puissent repousser l’attaque de ceux qui, durant les jours d’oppression, se sont élevés contre eux ; et cela, le treizième jour du douzième mois, appelé Adar, en un même jour.

21Car Dieu, le Maître de toutes choses, a changé, pour la race choisie, ce jour de malheur en un jour d’allégresse.

22Vous donc, célébrez aussi ce grand jour avec toutes sortes de réjouissances, comme une de vos fêtes solennelles, afin qu’il soit, maintenant et dans l’avenir,

23pour nous et pour tous ceux qui sont affectionnés aux Perses, un gage de salut et au contraire un souvenir de ruine pour ceux qui complotent contre nous.

24« Toute ville, et généralement toute contrée qui n’aura pas suivi ces prescriptions, sera dévastée avec fureur par le fer et le feu, de telle sorte qu’elle soit à jamais, non seulement inaccessible aux hommes, mais encore abhorrée des bêtes sauvages et des oiseaux. « Que des copies de ce décret soient exposées aux yeux dans toute l’étendue de l’empire et qu’ainsi tous les Juifs soient prêts, pour le jour susdit, à combattre leurs ennemis. »

Vulgate clémentine 1598

À propos de cette édition

1Rex magnus Artaxerxes ab India usque Æthiopiam, centum viginti septem provinciarum ducibus ac principibus qui nostræ jussioni obediunt, salutem dicit.

2Multi bonitate principum et honore, qui in eos collatus est, abusi sunt in superbiam:

3et non solum subjectos regibus nituntur opprimere, sed datam sibi gloriam non ferentes, in ipsos qui dederunt, moliuntur insidias.

4Nec contenti sunt gratias non agere beneficiis, et humanitatis in se jura violare, sed Dei quoque cuncta cernentis arbitrantur se posse fugere sententiam.

5Et in tantum vesaniæ proruperunt, ut eos qui credita sibi officia diligenter observant, et ita cuncta agunt ut omnium laude digni sint, mendaciorum cuniculis conentur subvertere,

6dum aures principum simplices, et ex sua natura alios æstimantes, callida fraude decipiunt.

7Quæ res et ex veteribus probatur historiis, et ex his quæ geruntur quotidie, quomodo malis quorumdam suggestionibus regum studia depraventur.

8Unde providendum est paci omnium provinciarum.

9Nec putare debetis, si diversa jubeamus, ex animi nostri venire levitate, sed pro qualitate et necessitate temporum, ut reipublicæ poscit utilitas, ferre sententiam.

10Et ut manifestius quod dicimus intelligatis, Aman filius Amadathi, et animo et gente Macedo, alienusque a Persarum sanguine, et pietatem nostram sua crudelitate commaculans, peregrinus a nobis susceptus est:

11et tantam in se expertus humanitatem, ut pater noster vocaretur, et adoraretur ab omnibus post regem secundus:

12qui in tantum arrogantiæ tumorem sublatus est, ut regno privare nos niteretur et spiritu.

13Nam Mardochæum, cujus fide et beneficiis vivimus, et consortem regni nostri Esther cum omni gente sua, novis quibusdam atque inauditis machinis expetivit in mortem:

14hoc cogitans ut illis interfectis, insidiaretur nostræ solitudini, et regnum Persarum transferret in Macedonas.

15Nos autem a pessimo mortalium Judæos neci destinatos, in nulla penitus culpa reperimus, sed e contrario justis utentes legibus,

16et filios altissimi et maximi semperque viventis Dei, cujus beneficio et patribus nostris et nobis regnum est traditum, et usque hodie custoditur.

17Unde eas litteras, quas sub nomine nostro ille direxerat, sciatis esse irritas.

18Pro quo scelere ante portas hujus urbis, id est, Susan, et ipse qui machinatus est, et omnis cognatio ejus pendet in patibulis: non nobis, sed Deo reddente ei quod meruit.

19Hoc autem edictum, quod nunc mittimus, in cunctis urbibus proponatur, ut liceat Judæis uti legibus suis.

20Quibus debetis esse adminiculo, ut eos qui se ad necem eorum paraverant, possint interficere tertiadecima die mensis duodecimi, qui vocatur Adar.

21Hanc enim diem, Deus omnipotens, mœroris et luctus, eis vertit in gaudium.

22Unde et vos inter ceteros festos dies, hanc habetote diem, et celebrate eam cum omni lætitia, ut et in posterum cognoscatur,

23omnes qui fideliter Persis obediunt, dignam pro fide recipere mercedem; qui autem insidiantur regno eorum, perire pro scelere.

24Omnis autem provincia et civitas quæ noluerit solemnitatis hujus esse particeps, gladio et igne pereat, et sic deleatur, ut non solum hominibus, sed etiam bestiis invia sit in sempiternum, pro exemplo contemptus et inobedientiæ.

Douay-Rheims 1899

À propos de cette édition

1The great king Artaxerxes, from India to Ethiopia, to the governors and princes of a hundred and twenty-seven provinces, which obey our command, sendeth greeting.

2Many have abused unto pride the goodness of princes, and the honour that hath been bestowed upon them:

3And not only endeavour to oppress the king’s subjects, but not bearing the glory that is given them, take in hand to practise also against them that gave it.

4Neither are they content not to return thanks for benefits received, and to violate in themselves the laws of humanity, but they think they can also escape the justice of God who seeth all things.

5And they break out into so great madness, as to endeavour to undermine by lies such as observe diligently the offices committed to them, and do all things in such manner as to be worthy of all men’s praise,

6While with crafty fraud they deceive the ears of princes that are well meaning, and judge of others by their own nature.

7Now this is proved both from ancient histories, and by the things which are done daily, how the good designs of kings are depraved by the evil suggestions of certain men.

8Wherefore we must provide for the peace of all provinces.

9Neither must you think, if we command different things, that it cometh of the levity of our mind, but that we give sentence according to the quality and necessity of times, as the profit of the commonwealth requireth.

10Now that you may more plainly understand what we say, I Aman the son of Amadathi, a Macedonian both in mind and country, and having nothing of the Persian blood, but with his cruelty staining our goodness, was received being a stranger by us:

11And found our humanity so great towards him, that he was called our father, and was worshipped by all as the next man after the king:

12But he was so far puffed up with arrogancy, as to go about to deprive us of our kingdom and life.

13For with certain new and unheard of devices he hath sought the destruction of Mardochai, by whose fidelity and good services our life was saved, and of Esther the partner of our kingdom, with all their nation:

14Thinking that after they were slain, he might work treason against us left alone without friends, and might transfer the kingdom of the Persians to the Macedonians.

15But we have found that the Jews, who were by that most wicked man appointed to be slain, are in no fault at all, but contrariwise, use just laws,

16And are the children of the highest and the greatest, and the ever living God, by whose benefit the kingdom was given both to our fathers and to us, and is kept unto this day.

17Wherefore know ye that those letters which he sent in our name, are void and of no effect.

18For which crime both he himself that devised it, and all his kindred hang on gibbets, before the gates of this city Susan: not we, but God repaying him as he deserved.

19But this edict, which we now send, shall be published in all cities, that the Jews may freely follow their own laws.

20And you shall aid them that they may kill those who had prepared themselves to kill them, on the thirteenth day of the twelfth month, which is called Adar.

21For the almighty God hath turned this day of sadness and mourning into joy to them.

22Wherefore you shall also count this day among other festival days, and celebrate it with all joy, that it may be known also in times to come,

23That all they who faithfully obey the Persians, receive a worthy reward for their fidelity: but they that are traitors to their kingdom, are destroyed for their wickedness.

24And let every province and city, that will not be partaker of this solemnity, perish by the sword and by fire, and be destroyed in such manner as to be made unpassable, both to men and beasts, for an example of contempt, and disobedience.