Passage

Utilisez cette option si vous avez déjà la référence complète. Ex. : Jean 3, 16-18 ou Jn 1, 1-3.

Traductions comparées3 sur 12
Crampon 1923Vulgate clémentine 1598Douay-Rheims 1899
Choisir les traductions9 langues

Lecture en parallèle

2 Maccabées 6

Crampon 1923

À propos de cette édition

1Peu de temps après, le roi envoya un vieillard d’Athènes pour contraindre les Juifs à abandonner le culte de leurs pères et les empêcher de vivre selon les lois de Dieu,

2et pour profaner le temple de Jérusalem et le dédier à Jupiter Olympien, et celui de Garizim à Jupiter Hospitalier, conformément au caractère des habitants du lieu.

3L’invasion de ces maux fut, même pour la masse du peuple, bien pénible et difficile à supporter ;

4car le temple était rempli d’orgies et de débauches par des Gentils dissolus et des courtisanes, des hommes ayant commerce avec des femmes dans les saints parvis et y apportant des choses défendues.

5L’autel lui-même était couvert de victimes impures que la loi interdisait.

6Il n’était plus possible de célébrer les sabbats ni les fêtes des pères, ni simplement de confesser que l’on était Juif.

7Une amère nécessité amenait les Juifs aux sacrifices qui se faisaient chaque mois le jour de la naissance du roi ; aux fêtes des Bacchanales, on les contraignait de se promener par les rues couronnés de lierre en l’honneur de Bacchus.

8Un édit fut rendu, à l’instigation de Ptolémée, pour que, dans les villes grecques du voisinage, on prît les mêmes mesures contre les Juifs et que l’on fît des sacrifices,

9avec ordre de mettre à mort ceux qui refuseraient d’adopter les coutumes grecques. On avait donc partout sous les yeux des scènes de désolation.

10Ainsi deux femmes, pour avoir circoncis leurs enfants, furent amenées ; on suspendit leurs enfants à leurs mamelles, on les traîna publiquement par la ville, et on les précipita du haut des remparts.

11D’autres s’étant rendus ensemble dans des cavernes voisines pour célébrer en secret le jour du sabbat, furent dénoncés à Philippe, et on les brûla tous sans qu’ils osassent se défendre, par respect pour la sainteté du jour.

12Je supplie ceux entre les mains de qui ce livre tombera de ne pas se laisser déconcerter à cause de ces calamités, et de croire que ces persécutions ont eu lieu, non pour la ruine, mais pour la punition de notre race.

13Quand Dieu ne laisse pas longtemps les pécheurs impunis, mais qu’il fait tomber sur eux un prompt châtiment, c’est une marque de grande bonté.

14En effet, le souverain Maître, pour punir les autres nations, attend avec patience qu’elles aient comblé la mesure des iniquités ; ce n’est pas ainsi qu’il a jugé à propos d’en agir avec nous,

15afin de n’avoir pas à exercer sur nous sa vengeance, quand nos péchés auraient atteint leur pleine mesure.

16Aussi ne retire-t-il jamais de nous sa miséricorde ; en le châtiant par l’adversité, il n’abandonne pas son peuple.

17Qu’il nous suffise d’avoir rappelé cette vérité ; après ce peu de mots, il faut revenir à notre récit.

18Eléazar, un des premiers docteurs de la loi, homme déjà avancé en âge et du plus noble extérieur, était contraint, la bouche violemment ouverte, de manger de la chair de porc.

19Mais lui, préférant une mort glorieuse à une vie criminelle, marchait volontairement au supplice,

20ayant craché cette viande, comme doivent y marcher ceux qui ont le courage de rejeter ce qu’il n’est pas permis de manger par amour de la vie.

21Les préposés à ce sacrifice impie, depuis longtemps liés avec Eléazar, le prirent à part et l’engagèrent à faire apporter des viandes dont il était permis de faire usage et préparées par lui, et à feindre de manger des chairs de la victime, comme le roi l’avait ordonné,

22afin que, cela fait, il fût préservé de la mort et profitât de cette humanité due à sa vieille amitié pour eux.

23Mais lui, faisant de sages réflexions, dignes de son âge, de la haute considération que lui donnait sa vieillesse et les nobles cheveux blancs qui s’y ajoutaient, de la vie très belle qu’il avait menée depuis l’enfance, et surtout de la législation sainte établie par Dieu même, il répondit en conséquence, disant qu’on l’envoyât sans tarder au séjour des morts.

24« À notre âge, en effet, il ne convient pas de feindre ; de peur que beaucoup de jeunes gens ne soupçonnent Eléazar d’avoir, à quatrevingt-dix ans, embrassé des mœurs étrangères.

25Eux-mêmes, alors, à cause de ma dissimulation, et pour un reste de vie périssable, seraient égarés par moi, et j’attirerais sur ma vieillesse la honte et l’opprobre.

26Et quand j’échapperais pour le présent au châtiment des hommes, je n’éviterais pas, vivant ou mort, les mains du Tout-Puissant.

27C’est pourquoi, si maintenant je quitte cette vie avec courage, du moins je me montrerai digne de ma vieillesse,

28et je laisserai aux jeunes gens le noble exemple d’une mort volontaire et généreuse pour les vénérables et saintes lois. » Ayant ainsi parlé, il marcha droit vers l’instrument du supplice.

29Ceux qui l’y conduisaient changèrent en dureté la bienveillance qu’ils lui avaient montrée un moment auparavant, regardant comme insensées les paroles qu’il venait de prononcer.

30Lorsqu’il fut près de mourir sous les coups, il poussa un soupir et dit : « Le Seigneur qui a la science sainte voit que, pouvant échapper à la mort, j’endure sous les bâtons des douleurs cruelles selon la chair, mais qu’en mon âme je les souffre avec joie, par respect pour lui. »

31C’est ainsi qu’il quitta la vie, faisant de sa mort, non seulement pour la jeunesse, mais pour tout le peuple, un exemple de courage et un mémorial de vertu.

Vulgate clémentine 1598

À propos de cette édition

1Sed non post multum temporis, misit rex senem quemdam Antiochenum, qui compelleret Judæos ut se transferrent a patriis et Dei legibus:

2contaminare etiam quod in Jerosolymis erat templum, et cognominare Jovis Olympii: et in Garizim, prout erant hi qui locum inhabitabant, Jovis hospitalis.

3Pessima autem et universis gravis erat malorum incursio:

4nam templum luxuria et comessationibus gentium erat plenum, et scortantium cum meretricibus: sacratisque ædibus mulieres se ultro ingerebant, intro ferentes ea quæ non licebat.

5Altare etiam plenum erat illicitis, quæ legibus prohibebantur.

6Neque autem sabbata custodiebantur, neque dies solemnes patrii servabantur, nec simpliciter Judæum se esse quisquam confitebatur.

7Ducebantur autem cum amara necessitate in die natalis regis ad sacrificia: et cum Liberi sacra celebrarentur, cogebantur hedera coronati Libero circuire.

8Decretum autem exiit in proximas gentilium civitates, suggerentibus Ptolemæis, ut pari modo et ipsi adversus Judæos agerent, ut sacrificarent:

9eos autem qui nollent transire ad instituta gentium, interficerent: erat ergo videre miseriam.

10Duæ enim mulieres delatæ sunt natos suos circumcidisse: quas, infantibus ad ubera suspensis, cum publice per civitatem circumduxissent, per muros præcipitaverunt.

11Alii vero, ad proximas coëuntes speluncas, et latenter sabbati diem celebrantes, cum indicati essent Philippo, flammis succensi sunt, eo quod verebantur propter religionem et observantiam manu sibimet auxilium ferre.

12Obsecro autem eos qui hunc librum lecturi sunt, ne abhorrescant propter adversos casus: sed reputent ea quæ acciderunt, non ad interitum, sed ad correptionem esse generis nostri.

13Etenim multo tempore non sinere peccatoribus ex sententia agere, sed statim ultiones adhibere, magni beneficii est indicium.

14Non enim, sicut in aliis nationibus, Dominus patienter exspectat, ut eas cum judicii dies advenerit, in plenitudine peccatorum puniat:

15ita et in nobis statuit ut, peccatis nostris in finem devolutis, ita demum in nos vindicet.

16Propter quod numquam quidem a nobis misericordiam suam amovet: corripiens vero in adversis, populum suum non dereliquit.

17Sed hæc nobis ad commonitionem legentium dicta sint paucis. Jam enim veniendum est ad narrationem.

18Igitur Eleazarus, unus de primoribus scribarum, vir ætate provectus, et vultu decorus, aperto ore hians compellebatur carnem porcinam manducare.

19At ille gloriosissimam mortem magis quam odibilem vitam complectens, voluntarie præibat ad supplicium.

20Intuens autem quemadmodum oporteret accedere, patienter sustinens, destinavit non admittere illicita propter vitæ amorem.

21Hi autem qui astabant, iniqua miseratione commoti propter antiquam viri amicitiam, tollentes eum secreto rogabant afferri carnes quibus vesci ei licebat, ut simularetur manducasse sicut rex imperaverat de sacrificii carnibus,

22ut hoc facto, a morte liberaretur: et propter veterem viri amicitiam, hanc in eo faciebant humanitatem.

23At ille cogitare cœpit ætatis ac senectutis suæ eminentiam dignam, et ingenitæ nobilitatis canitiem, atque a puero optimæ conversationis actus: et secundum sanctæ et a Deo conditæ legis constituta, respondit cito, dicens præmitti se velle in infernum.

24Non enim ætati nostræ dignum est, inquit, fingere: ut multi adolescentium, arbitrantes Eleazarum nonaginta annorum transisse ad vitam alienigenarum,

25et ipsi propter meam simulationem, et propter modicum corruptibilis vitæ tempus decipiantur, et per hoc maculam atque execrationem meæ senectuti conquiram.

26Nam etsi in præsenti tempore suppliciis hominum eripiar, sed manum Omnipotentis nec vivus, nec defunctus, effugiam.

27Quam ob rem fortiter vita excedendo, senectute quidem dignus apparebo:

28adolescentibus autem exemplum forte relinquam, si prompto animo ac fortiter pro gravissimis ac sanctissimis legibus honesta morte perfungar. His dictis, confestim ad supplicium trahebatur.

29Hi autem qui eum ducebant, et paulo ante fuerant mitiores, in iram conversi sunt propter sermones ab eo dictos, quos illi per arrogantiam prolatos arbitrabantur.

30Sed cum plagis perimeretur, ingemuit, et dixit: Domine, qui habes sanctam scientiam, manifeste tu scis quia cum a morte possem liberari, duros corporis sustineo dolores: secundum animam vero propter timorem tuum libenter hæc patior.

31Et iste quidem hoc modo vita decessit, non solum juvenibus, sed et universæ genti memoriam mortis suæ ad exemplum virtutis et fortitudinis derelinquens.

Douay-Rheims 1899

À propos de cette édition

1But not long after the king sent a certain old man of Antioch, to compel the Jews to depart from the laws of their fathers and of God:

2And to defile the temple that was in Jerusalem, and to call it the temple of Jupiter Olympius: and that in Gazarim of Jupiter Hospitalis, according as they were that inhabited the place.

3And very bad was this invasion of evils and grievous to all.

4For the temple was full of the riot and revellings of the Gentiles: and of men lying with lewd women. And women thrust themselves of their accord into the holy places, and brought in things that were not lawful.

5The altar also was filled with unlawful things, which were forbidden by the laws.

6And neither were the sabbaths kept, nor the solemn days of the fathers observed, neither did any man plainly profess himself to be a Jew.

7But they were led by bitter constraint on the king’s birthday to the sacrifices: and when the feast of Bacchus was kept, they wore compelled to go about crowned with ivy in honour of Bacchus.

8And there went out a decree into the neighbouring cities of the Gentiles, by the suggestion of the Ptolemeans, that they also should act in like manner against the Jews, to oblige them to sacrifice:

9And whosoever would not conform themselves to the ways of the Gentiles, should be put to death: then was misery to be seen.

10For two women were accused to have circumcised their children: whom, when they had openly led about through the city with the infants hanging at their breasts, they threw down headlong from the walls.

11And others that had met together in caves that were near, and were keeping the sabbath day privately, being discovered by Philip, were burnt with fire, because they made a conscience to help themselves with their hands, by reason of the religious observance of the day.

12Now I beseech those that shall read this book, that they be not shocked at these calamities, but that they consider the things that happened, not as being for the destruction, but for the correction of our nation.

13For it is a token of great goodness when sinners are not suffered to go on in their ways for a long time, but are presently punished.

14For, not as with other nations (whom the Lord patiently expecteth, that when the day of judgment shall come, he may punish them in the fulness of their sins:)

15Doth he also deal with us, so as to suffer our sins to come to their height, and then take vengeance on us.

16And therefore he never withdraweth his mercy from us: but though he chastise his people with adversity, he forsaketh them not.

17But let this suffice in a few words for a warning to the readers. And now we must come to the narration.

18Eleazar one of the chief of the scribes, a man advanced in years, and of a comely countenance, was pressed to open his mouth to eat swine’s flesh.

19But he, choosing rather a most glorious death than a hateful life, went forward voluntarily to the torment.

20And considering in what manner he was come to it, patiently bearing, he determined not to do any unlawful things for the love of life.

21But they that stood by, being moved with wicked pity, for the old friendship they had with the man, taking him aside, desired that flesh might be brought, which it was lawful for him to eat, that he might make as if he had eaten, as the king had commanded of the flesh of the sacrifice:

22That by so doing he might be delivered from death: and for the sake of their old friendship with the man they did him this courtesy.

23But he began to consider the dignity of his age, and his ancient years, and the inbred honour of his grey head, and his good life and conversation from a child: and he answered without delay, according to the ordinances of the holy law made by God, saying, that he would rather be sent into the other world.

24For it doth not become our age, said he, to dissemble: whereby many young persons might think that Eleazar, at the age of fourscore and ten years, was gone over to the life of the heathens:

25And so they, through my dissimulation, and for a little time of a corruptible life, should be deceived, and hereby I should bring a stain and a curse upon my old age.

26For though, for the present time, I should be delivered from the punishments of men, yet should I not escape the hand of the Almighty neither alive nor dead.

27Wherefore by departing manfully out of this life, I shall shew myself worthy of my old age:

28And I shall leave an example of fortitude to young men, if with a ready mind and constancy I suffer an honourable death, for the most venerable and most holy laws. And having spoken thus, he was forthwith carried to execution.

29And they that led him, and had been a little before more mild, were changed to wrath for the words he had spoken, which they thought were uttered out of arrogancy.

30But when he was now ready to die with the stripes, he groaned, and said: O Lord, who hast the holy knowledge, thou knowest manifestly that whereas I might be delivered from death, I suffer grevious pains in body: but in soul am well content to suffer these things because I fear thee.

31Thus did this man die, leaving not only to young men, but also to the whole nation, the memory of his death for an example of virtue and fortitude.