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Crampon 1923Vulgate clémentine 1598Douay-Rheims 1899
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Ecclésiaste 2

Crampon 1923

À propos de cette édition

1J’ai dit dans mon cœur : « Viens donc, je t’éprouverai par la joie ; goûte le plaisir ! » Et voici, cela est encore une vanité.

2J’ai dit du rire : « Insensé ! » et de la joie : « Que produit-elle ? »

3Je m’appliquai dans mon cœur à livrer ma chair au vin, tandis que mon cœur me conduirait avec sagesse, et à m’attacher à la folie, jusqu’à ce que je visse ce qu’il est bon pour les enfants des hommes, de faire sous le ciel durant les jours de leur vie.

4J’exécutai de grands ouvrages, je me bâtis des maisons, je me plantai des vignes ;

5Je me fis des jardins et des vergers, et j’y plantai des arbres à fruit de toute espèce ;

6je me fis des réservoirs d’eau, pour arroser des bosquets où croissaient les arbres.

7J’achetai des serviteurs et des servantes, et j’eus leurs enfants nés dans la maison ; j’eus aussi des troupeaux de bœufs et de brebis, plus que tous ceux qui furent avant moi dans Jérusalem.

8Je m’amassai aussi de l’argent et de l’or, et les richesses des rois et des provinces ; je me procurai des chanteurs et des chanteuses, et les délices des enfants des hommes, des femmes en abondance.

9Je devins grand et je l’emportai sur tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem ; et même ma sagesse demeura avec moi.

10Tout ce que mes yeux désiraient, je ne les en ai pas privés ; je n’ai refusé à mon cœur aucune joie ; car mon cœur prenait plaisir à tout mon travail, et ce fut ma part de tout mon travail.

11Puis j’ai considéré toutes mes œuvres que mes mains avaient faites, et le labeur que leur exécution m’avait coûté ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n’y a aucun profit sous le soleil.

12Alors j’ai tourné mes regards vers la sagesse pour la comparer avec la sottise et la folie. Car quel est l’homme qui pourrait venir après le roi, lui à qui on a conféré cette dignité depuis longtemps ?

13Et j’ai vu que la sagesse a autant d’avantage sur la folie, que la lumière sur les ténèbres :

14Le sage a ses yeux à la tête, et l’insensé marche dans les ténèbres. Et j’ai aussi reconnu qu’un même sort les atteindra tous deux.

15Et j’ai dit dans mon cœur : « Le même sort que celui de l’insensé m’atteindra moi aussi ; à quoi bon donc toute ma sagesse ? » Et j’ai dit dans mon cœur que cela encore est une vanité.

16Car la mémoire du sage n’est pas plus éternelle que celle de l’insensé ; dès les jours qui suivent, tous deux sont également oubliés. Eh quoi ! Le sage meurt aussi bien que l’insensé !

17Et j’ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil est mauvais à mes yeux, car tout est vanité et poursuite du vent.

18Et j’ai haï tout mon travail, que j’ai fait sous le soleil, et que je laisserai à l’homme qui viendra après moi.

19Et qui sait s’il sera sage ou insensé ? Cependant il sera maître de mon travail, dans lequel j’ai mis ma peine et ma sagesse sous le soleil. C’est encore là une vanité.

20Et j’en suis venu à livrer mon cœur au découragement, à cause de tout le travail que j’ai fait sous le soleil.

21Car, qu’un homme qui a déployé dans son travail sagesse, intelligence et habileté, en laisse le fruit en partage à un homme qui n’y a pas travaillé : c’est encore là une vanité et un grand mal.

22En effet, que revient-il à l’homme de tout son travail, et du souci de son cœur, qui le fatiguent sous le soleil ?

23Tous ses jours ne sont que douleur, ses occupations que chagrins ; la nuit même son cœur ne se repose pas : c’est encore là une vanité.

24Il n’y a rien de meilleur pour l’homme que de manger et de boire, et de faire jouir son âme du bien-être, au milieu de son travail ; mais j’ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu.

25Qui, en effet, peut sans lui manger et jouir du bien-être ?

26Car à l’homme qui est bon devant lui, il donne la sagesse, la science et la joie ; mais au pécheur, il donne le soin de recueillir et d’amasser, afin de donner à celui qui est bon devant Dieu. C’est encore là une vanité et la poursuite du vent.

Vulgate clémentine 1598

À propos de cette édition

1[Dixi ego in corde meo: Vadam, et affluam deliciis, et fruar bonis; et vidi quod hoc quoque esset vanitas.

2Risum reputavi errorem, et gaudio dixi: Quid frustra deciperis?

3Cogitavi in corde meo abstrahere a vino carnem meam, ut animam meam transferrem ad sapientiam, devitaremque stultitiam, donec viderem quid esset utile filiis hominum, quo facto opus est sub sole numero dierum vitæ suæ.

4Magnificavi opera mea, ædificavi mihi domos, et plantavi vineas;

5feci hortos et pomaria, et consevi ea cuncti generis arboribus;

6et exstruxi mihi piscinas aquarum, ut irrigarem silvam lignorum germinantium.

7Possedi servos et ancillas, multamque familiam habui: armenta quoque, et magnos ovium greges, ultra omnes qui fuerunt ante me in Jerusalem;

8coacervavi mihi argentum et aurum, et substantias regum ac provinciarum; feci mihi cantores et cantatrices, et delicias filiorum hominum, scyphos, et urceos in ministerio ad vina fundenda;

9et supergressus sum opibus omnes qui ante me fuerunt in Jerusalem: sapientia quoque perseveravit mecum.

10Et omnia quæ desideraverunt oculi mei non negavi eis, nec prohibui cor meum quin omni voluptate frueretur, et oblectaret se in his quæ præparaveram; et hanc ratus sum partem meam si uterer labore meo.

11Cumque me convertissem ad universa opera quæ fecerant manus meæ, et ad labores in quibus frustra sudaveram, vidi in omnibus vanitatem et afflictionem animi, et nihil permanere sub sole.]

12[Transivi ad contemplandam sapientiam, erroresque, et stultitiam. (Quid est, inquam, homo, ut sequi possit regem, factorem suum?)

13Et vidi quod tantum præcederet sapientia stultitiam, quantum differt lux a tenebris.

14Sapientis oculi in capite ejus; stultus in tenebris ambulat: et didici quod unus utriusque esset interitus.

15Et dixi in corde meo: Si unus et stulti et meus occasus erit, quid mihi prodest quod majorem sapientiæ dedi operam? Locutusque cum mente mea, animadverti quod hoc quoque esset vanitas.

16Non enim erit memoria sapientis similiter ut stulti in perpetuum, et futura tempora oblivione cuncta pariter operient: moritur doctus similiter ut indoctus.

17Et idcirco tæduit me vitæ meæ, videntem mala universa esse sub sole, et cuncta vanitatem et afflictionem spiritus.]

18[Rursus detestatus sum omnem industriam meam, qua sub sole studiosissime laboravi, habiturus hæredem post me,

19quem ignoro utrum sapiens an stultus futurus sit, et dominabitur in laboribus meis, quibus desudavi et sollicitus fui: et est quidquam tam vanum?

20Unde cessavi, renuntiavitque cor meum ultra laborare sub sole.

21Nam cum alius laboret in sapientia, et doctrina, et sollicitudine, homini otioso quæsita dimittit; et hoc ergo vanitas et magnum malum.

22Quid enim proderit homini de universo labore suo, et afflictione spiritus, qua sub sole cruciatus est?

23Cuncti dies ejus doloribus et ærumnis pleni sunt, nec per noctem mente requiescit. Et hoc nonne vanitas est?

24Nonne melius est comedere et bibere, et ostendere animæ suæ bona de laboribus suis? et hoc de manu Dei est.

25Quis ita devorabit et deliciis affluet ut ego?

26Homini bono in conspectu suo dedit Deus sapientiam, et scientiam, et lætitiam; peccatori autem dedit afflictionem et curam superfluam, ut addat, et congreget, et tradat ei qui placuit Deo; sed et hoc vanitas est, et cassa sollicitudo mentis.]

Douay-Rheims 1899

À propos de cette édition

1I said in my heart: I will go, and abound with delights, and enjoy good things. And I saw that this also was vanity.

2Laughter I counted error: and to mirth I said: Why art thou vainly deceived?

3I thought in my heart, to withdraw my flesh from wine, that I might turn my mind to wisdom, and might avoid folly, till I might see what was profitable for the children of men: and what they ought to do under the sun, all the days of their life.

4I made me great works, I built me houses, and planted vineyards,

5I made gardens, and orchards, and set them with trees of all kinds,

6And I made me ponds of water, to water therewith the wood of the young trees,

7I got me menservants, and maidservants, and had a great family: and herds of oxen, and great flocks of sheep, above all that were before me in Jerusalem:

8I heaped together for myself silver and gold, and the wealth of kings, and provinces: I made me singing men, and singing women, and the delights of the sons of men, cups and vessels to serve to pour out wine:

9And I surpassed in riches all that were before me in Jerusalem: my wisdom also remained with me.

10And whatsoever my eyes desired, I refused them not: and I withheld not my heart from enjoying every pleasure, and delighting itself in the things which I had prepared: and esteemed this my portion, to make use of my own labour.

11And when I turned myself to all the works which my hands had wrought, and to the labours wherein I had laboured in vain, I saw in all things vanity, and vexation of mind, and that nothing was lasting under the sun.

12I passed further to behold wisdom, and errors and folly, (What is man, said I, that he can follow the King his maker?)

13And I saw that wisdom excelled folly, as much as light differeth from darkness.

14The eyes of a wise man are in his head: the fool walketh in darkness: and I learned that they were to die both alike.

15And I said in my heart: If the death of the fool and mine shall be one, what doth it avail me, that I have applied myself more to the study of wisdom? And speaking with my own mind, I perceived that this also was vanity.

16For there shall be no remembrance of the wise no more than of the fool for ever, and the times to come shall cover all things together with oblivion: the learned dieth in like manner as the unlearned.

17And therefore I was weary of my life, when I saw that all things under the sun are evil, and all vanity and vexation of spirit.

18Again I hated all my application wherewith I had earnestly laboured under the sun, being like to have an heir after me,

19Whom I know not whether he will be a wise man or a fool, and he shall have rule over all my labours with which I have laboured and been solicitous: and is there any thing so vain?

20Wherefore I left off and my heart renounced labouring any more under the sun.

21For when a man laboureth in wisdom, and knowledge, and carefulness, he leaveth what he hath gotten to an idle man: so this also is vanity, and a great evil.

22For what profit shall a man have of all his labour, and vexation of spirit, with which he bath been tormented under the sun?

23All his days axe full of sorrows and miseries, even in the night he doth not rest in mind: and is not this vanity?

24Is it not better to eat and drink, and to shew his soul good things of his labours? and this is from the hand of God.

25Who shall so feast and abound with delights as I?

26God hath given to a man that is good in his sight, wisdom, and knowledge, and joy: but to the sinner he hath given vexation, and superfluous care, to heap up and to gather together, and to give it to him that hath pleased God: but this also is vanity, and a fruitless solicitude of the mind.